lundi, 04 mars 2024
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Filière Huile de palme : Interpalm-Cam, la nouvelle Interprofession qui va permettre à l’Asroc, POP’S et l’Unexpalm d’augmenter la productivité et de mettre fin aux importations en cinq ans

La future organisation interprofessionnelle dédiée à la filière huile de palme, qui est en cours de création, a été présentée aux acteurs et partenaires de la filière ainsi qu’aux hommes et femmes des médias, ce mardi 05 décembre 2023 à Yaoundé.

(EcoFinances)- Augmenter la production de l’huile de palme brute au Cameroun, satisfaire de la demande locale, mettre fin aux importations et contribuer par conséquent au développement économique du pays. Une ambition que souhaite réaliser en cinq ans les initiateurs de la future organisation interprofessionnelle de la filière huile de palme au Cameroun dénommée « Interpalm-Cam».  Les contours de ce projet, qui est en cours de création, ont été présentés aux acteurs et partenaires de la filière huile de palme ainsi qu’aux médias, ce mardi 05 décembre 2023 à Yaoundé, par les dirigeants des trois (03) principales organisations professionnelles des acteurs directs de la filière huile de palme au Cameroun que sont l’Asroc (Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun), POP’S (Palm Oil Producers’ Syndicate) et l’Unexpalm (Union des exploitants du palmiers à huile).

« Si nous avons décidé (nous, les membres de l’Asroc, du POP’S et de l’Unexpalm) , de se mettre ensemble pour créer la première véritable Interprofession au lendemain de la loi du 16 décembre 2021 Nº223 (parce qu’il y a une première qui est la  222 qui a modifié la loi de 1990 et qui a créé un article nouveau ( le 5-4) qui intègre donc la notion d’interprofession dans la création des associations), c’est parce que nous nous sommes dits que c’est une opportunité pour nous responsabiliser en prenant en main notre propre sort », explique Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, secrétaire général de l’Asroc.

Qui ajoute : « Voyez-vous, il n’est pas simplement important de se plaindre tout le temps, mais il est aussi question de s’organiser pour être à même de répondre aux aspirations de notre partenaire qu’est le gouvernement. Parce que, entre les acteurs de la filière et le gouvernement, il s’est noué un partenariat ».

Accroître la quantité et la qualité de l’huile de palme brute

Saluée à la fois par les acteurs et les partenaires de cette filière, l’initiative portée par ces trois organisations professionnelles (Asroc , POP’S et Unexpalm) intervient dans un contexte où la faible disponibilité couplée au prix élevé de cette denrée tant prisée des ménages qu’est l’huile de palme brute et raffinée posent un sérieux problème au gouvernement et au secteur privé.

Les importations n’étant pas la solution magique, les membres de la future Interpalm-Cam pensent qu’il faut rapidement prioriser la régénération des plantations à l’effet de booster la productivité et d’améliorer la qualité de l’huile de palme brute produite localement, tout en préservant les intérêts de tous les acteurs qui interviennent dans la chaîne de production (de l’exploitant aux raffineurs, en passant par les acteurs de la 1ère transformation).

« Nous allons avec Interpalm-Cam, parce que nous savons que nous allons désormais discuter des prix d’achat de nos produits en toute transparence. Parce qu’il faut savoir que nous ne produisons pas pour le marché, mais nous produisons des régimes (de noix de palme) que nous remettons dans la filière. Mais nous n’étions jusqu’ici pas toujours certains que les prix qui nous étaient proposés étaient des prix susceptibles de nous permettre d’avancer », fait savoir Paul Félix Bangoweni, secrétaire général de l’Unexpalm.

Une demande qui culmine à plus de 01 million de tonnes par an

Des propos qu’approuve Jules Germain Kamta, secrétaire général du POP’S, pour qui la mise sur pied d’Interpalm-Cam permettra d’accroître la production nationale d’huile de palme tout en améliorant sa qualité. « Pour le POP’S, c’est un grand plaisir de rejoindre l’équipe Interpalm-Cam. Parce que le dénominateur commun c’est d’accroître la production nationale en huile de palme. Cela signifie que nous devons nous unir ou marcher ensemble avec le 1er collège (les producteurs), nous-mêmes les membres du 2ème collège (industries de la 1ère transformation) et le 2ème collège (les raffineurs et transformateurs de deuxième degré), pour être forts et accroître la production d’huile de palme dans le pays », indique-t-il.

Pour rappel, la filière huile palme, qui fait partie de la grande filière des oléagineux ,est l’une des rares qui rapporte par an à l’Etat pas moins de 100 milliards de FCAF de devises captées.  Des devises qui peuvent être beaucoup plus importantes, si ne persistait pas le déficit que connait le pays depuis des années en matière d’huile de palme brute. A en croire les pointages du Minader (ministère de l’Agriculture et du développement rural), l’offre de cette matière première au plan local est passée de 343 000 tonnes en 2014 à 413 000 t en 2018 (et pourrait atteindre 450 000 tonnes en 2024, d’après la Beac). Ce qui reste très insuffisant, selon l’Asroc qui renseigne que la demande des unités de transformation d’huile de palme brute (dont le dynamisme n’est plus à démontrer) culmine à date à plus d’un million de tonnes l’année.

JRD

Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, SG de l’Asroc : « Si nous ne travaillons pas la main dans la main, nous allons nous piétiner »

Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou, SG de l’Asroc : « Si nous ne travaillons pas main dans la main, nous allons nous piétiner »

Le secrétaire général de l’Association des raffineurs des oléagineux du Cameroun (Asroc) revient ici sur les enjeux du projet de création de l’Interprofession de la filière huile de palme (Interpalm-Cam), tout en insistant sur les retombées qu’il aura pour l’économie nationale.

EcoFinances.Net (EFN) : Monsieur le secrétaire général, qu’elle était l’urgence de la mise sur pied de l’interprofession Interpalm-Cam dont vous venez de présenter les contours à la presse ?

Jacquis Gabriel Kemleu Tchabgou (JGKT) : Voyez-vous, la filière des oléagineux dont fait partie la filière du palmier à huile est un segment qui a été identifié par le gouvernement de la République comme à fort potentiel de croissance et capable d’impulser deux chiffres au niveau de la croissance. Et si nous avons décidé (nous, les membres de l’Asroc, de POP’S et de l’Unexpalm) , de nous mettre ensemble pour créer la première véritable Interprofession au lendemain de la loi du 16 décembre 2021 Nº223 (parce qu’il y a une première qui est la  222 qui a modifié la loi de 1990 et qui a créé un article nouveau ( le 5-4) qui intègre donc la notion d’interprofession dans la création des associations), c’est parce que nous nous sommes dits que c’est une opportunité pour nous responsabiliser en prenant en main notre propre sort. Voyez-vous, il n’est pas simplement important de se plaindre tout le temps, mais il est aussi question de s’organiser pour être à même de répondre aux aspirations de notre partenaire qu’est le gouvernement. Parce que, entre les acteurs de la filière et le gouvernement, il s’est noué un partenariat.

EFN : De quel  partenariat parlez-vous ?

JGKT : C’est celui d’être à même de mettre à la disposition des ménages, comme des industriels de la 2ème transformation, cette huile de palme brute qui est hautement stratégique pour notre pays. N’oublions jamais de le dire assez !  Cette filière est l’une des rares qui rapporte au gouvernement de la République   près de 100 milliards de FCFA en devises captées par an. C’est important de le dire. Et quand nous savons que la question des devises est une question qui dérange sur le plan économique, quand nous savons que la guerre russo-ukrainienne a montré qu’il était nécessaire que nous produisions localement ;  nous avons donc décidé  de nous mettre ensemble pour que le 1er collège (qui est constitué des exploitants représentés par Unexpalm),  le 2ème collège (qui est constitué des industries de la 1ère transformation porté par le POP’S), et le 3ème collège (qui est celui de la 2ème transformation porté par l’Asroc) , travaillent la main  dans la main pour que les noix qui sont produites soient livrées à la 1ère transformation. Laquelle a une capacité d’extraction élevée et une capacité de mettre à disposition une huile de qualité, pour que la 2ème transformation puisse donc mettre à la disposition des consommateurs l’huile végétale raffinée, le savon de ménage et de toilette, la margarine et autres produits dérivés à des bons prix, sans que nous ne soyions obligés de faire recours à des importations massives.

Vous savez que la notion d’import-substitution dans la transformation structurelle de notre économie est quelque chose qui préoccupe le gouvernement et les acteurs. Nous pensons par conséquent que la mise en place de cette structure va booster la production, rassurer les petits planteurs, les planteurs industriels et permettre que cette denrée (qui est tant utilisée dans les ménages et les entreprises) soit véritablement disponible et surtout à bon prix.

EFN : Pourquoi est-il important de travailler la main dans la main, d’après vous ?

JGKT : Parce que si nous ne travaillons pas la main dans la main, nous allons nous piétiner. Et finalement, il n’y aura aucun résultat. Donc, les missions qui sont assignées à l’Etat du Cameroun, comme vous l’avez entendu dire, qui ont simplement trait, pour l’essentiel, à la base vie et à l’accompagnement sur le plan de la disponibilité des engrais et de la semence, vont être boostées par les efforts qui seront faits par les acteurs de la filière. En mettant le meilleur d’eux-mêmes, pour montrer toute la technicité qu’ils ont, dans la perspective de développer cette filière qui va certainement booster l’économie nationale.

Propos recueillis par EcoFinances.Net (EFN)

Paul Félix Bangoweni, SG de l’Unexpalm : « Nous allons désormais mieux vendre nos régimes de noix de palme »

Paul Félix Bangoweni, SG de l’Unexpalm : « Nous allons désormais mieux vendre nos régimes de noix de palme »

Le secrétaire général de l’Union des exploitants du palmier à huile (Unexpalm) explique pourquoi les planteurs ont accepté de se joindre à ce projet.

EcoFinances.Net (EFN) : En quoi la mise sur pied de cette interprofession est importante pour les exploitants du palmier à huile ?

Paul Félix Bangoweni (PFB) :  Jusque-là nous avons eu des partenariats avec des institutions et qui étaient toujours des partenariats ponctuels. Elles venaient pour une affaire précise et une fois l’objectif atteint, elles s’en allaient. Quelque fois, il suffisait que les dirigeants de ces sociétés changent. On a commencé par exemple avec la Socapalm directement. Mais après, quand Monsieur Mouchard est parti, on n’a pas continué. On a des partenariats avec le PDCVA, mais c’est un projet de deux ou trois ans. On a des partenariats avec le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader), mais quelque fois les manœuvres politiques font qu’un certain nombre d’entre eux n’aboutissent pas.

Donc, nous croyons qu’en nous mettant avec Interpalm-Cam, nous serons d’abord plus représentatifs et nous pourrons davantage faire entendre notre voix. Sans compter qu’avec Interpalm-Cam on est capable d’aller chercher des ressources extérieures de façon autonome, sans demander à avoir nécessairement un partenariat extérieur. Voilà l’une des raisons.

EFN : Et l’autre raison, c’est laquelle ?

PFB : La deuxième raison pour laquelle nous allons avec Interpalm, c’est que nous savons que nous allons discuter désormais des prix d’achat de nos produits en toute transparence. Parce qu’il faut savoir que nous ne produisons pas pour le marché, mais nous produisons des régimes (de noix de palme) que nous remettons dans la filière. Mais nous n’étions jusqu’ici pas toujours certains que les prix qui nous étaient proposés étaient des prix susceptibles de nous permettre d’avancer. Mais en discutant directement (et désormais) avec des partenaires qui sont en même temps nos clients, nous croyons que nous aurons la chance de mieux vendre nos régimes.

Propos recueillis par EFN

Jules Germain Kamta, SG du POP’S : « Le dénominateur commun c’est l’augmentation de la production nationale »

Jules Germain Kamta, SG du POP’S : « Le dénominateur commun c’est l’augmentation de la production nationale »

Pour le secrétaire général du POP’S (Palm Oil Producers’ Syndicate), encore connu sous le nom du Syndicat national des producteurs d’huile de palme du Cameroun (Snphpc), l’avènement d’Interpalm-Cam permettra de mieux adresser un certain nombre de défis.

EcoFinances.Net (EFN) : Au niveau du POP’s, que va apporter ce projet de création d’une Interprofession de la filière huile de palme au Cameroun ?

Jules Germain Kamta (JGK) : Merci pour cette occasion que vous m’offrez de m’exprimer sur la question. Pour le POP’S, c’est un grand plaisir de rejoindre l’équipe Interpalm-Cam. Parce que le dénominateur commun c’est d’accroître la production nationale en huile de palme. Cela signifie que nous devons nous unir ou marcher ensemble avec le 1er collège (les producteurs), nous-mêmes le 2ème collège (les industries de la 1ère transformation) et le 2ème collège (les raffineurs et transformateurs de deuxième degré), pour être forts et accroître la production d’huile de palme dans le pays.

EFN : Comment comptez-vous régler  au sein d’Interpalm-Cam  la concurrence déloyale que vous livrent les extracteurs artisanaux actifs non loin de vos unités de production ?

JGK : Nous y avons déjà pensé. Parce qu’au niveau des producteur de 1er degré, certains avaient créé des pressoirs artisanaux dans les alentours de nos exploitations. Nous nous sommes penchés sur la question et nous pensons que pour résoudre ce problème, il faudra donc réunir tous les acteurs présents dans la chaîne de production, afin que le métier de transformation revienne aux transformateurs. Le planteur ou l’exploitant doit faire son travail d’exploitant.

EFN : Quelle est la conséquence de cette concurrence déloyale sur la filière ?

JGK : La conséquence immédiate de la concurrence déloyale c’est la quantité d’huile (et même la qualité) disponible qui se trouve affectée. Ceci, pour la simple raison que l’outil d’extraction utilisé par les propriétaires de pressoirs artisanaux est rudimentaire. Ce qui fait que le taux d’extraction d’huile est très approximatif. Et dans cette perspective, nous ne pouvons pas penser augmenter la production nationale. Or, si la production des noix de palme est vendue à POP’S (qui représente le 2ème collège en charge de la 1ère transformation), ce dernier ayant le matériel adéquat (pour pouvoir transformer avec un bon taux d’extraction) contribuera par conséquent à l’accroissement de la quantité et de la qualité d’huile consommée dans notre pays, afin d’éviter les importations.

Propos recueillis par EFN

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