jeudi, 20 juin 2024
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Commerce extérieur : Le nouveau Règlement de l’UE contre la déforestation menace les 70% des exportations de cacao et café du Cameroun sur le marché européen

Conscient des enjeux du nouveau Règlement de l’UE dont il est question ici, le patron des questions commerciales du pays a instruit ce jeudi 04 mai 2023 les différents acteurs concernés par les filières cacao-café à examiner les voies et moyens à déployer pour permettre au Cameroun de briller par sa présence (sur le marché européen) à la date de l’entrée en vigueur de cette nouvelle règlementation prévue le 1er janvier 2025.

(EcoFinances) – Les 70% des exportations de cacao et café du Cameroun acheminées chaque année sur le marché européen (500 millions de consommateurs) pourraient être exposées au rejet de l’Union européenne si le pays ne s’arrime pas au nouveau Règlement de l’UE (Union européenne) contre la déforestation adopté ce 19 avril 2023. C’est en tout cas le principal message qu’il convient de retenir de l’adoption de ce règlement, qui va sans doute bouleverser les relations commerciales entre l’UE et ses nombreux partenaires à travers le monde dont le Cameroun.

Pris dans le cadre du « Green deal européen », dont l’ambition est de faire de l’Europe non seulement un continent neutre pour le climat, mais également de protéger et de restaurer les forêts du monde, ce Règlement vise, apprend-on, à limiter la consommation des produits issus des chaînes d’approvisionnement associées à la déforestation et à la dégradation des forêts. Concomitamment, il vise à accroitre, en contraste, la demande et le commerce de produits de base dits légaux dans l’UE.

Le ministre du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana, a apporté des précisions dans ce sens lors de la clôture, ce jeudi 04 mai 2023 à Yaoundé, des travaux de la 31ème session ordinaire de l’Assemblée générale du Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), en présence du ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Gabriel Mbairobe, ainsi que des acteurs et partenaires des filières cacao et café. Occasion pour lui d’inviter l’Interprofession à se serrer désormais les coudes.

« Il n’est pas besoin de forcer le trait pour reconnaitre que nos filières cacao et café, et sans doute l’hévéa (…) se trouvent aujourd’hui à la croisée des chemins. Chacun ici le sait et en est pleinement conscient. Dans le cadre du ‘’green deal européen’’ dont l’ambition est de faire de l’Europe non seulement un Continent neutre pour le climat, mais également de protéger et de restaurer les forêts du monde, l’Union Européenne, dont dépendent près de 70% de nos exportations de cacao et de café, a adopté le 19 avril dernier, un Règlement contre la déforestation », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Ce Règlement vise à limiter la consommation des produits issus des chaines d’approvisionnement associées à la déforestation et à la dégradation des forêts. Il vise concomitamment à accroitre, en contraste, la demande et le commerce de produits de base dits légaux dans l’UE ».

Mesures à déployer avant l’entrée en vigueur du nouveau Règlement de l’UE en 2025

Conscient des enjeux du Règlement dont il est question ici, le patron des questions commerciales du pays instruit ce jeudi 04 mai 2023 les différents acteurs concernés par ces deux filières (cacao-café) à examiner les voies et moyens à déployer pour permettre au Cameroun de briller par sa présence (sur le marché européen) à la date de l’entrée en vigueur de cette nouvelle règlementation prévue le 1er janvier 2025. Le Cameroun sera-t-il prêt le jour-j? Des mesures avant-gardistes semblent en tout as avoir été prises, apprend-on. « Il ne reste plus qu’à les consolider, renforcer et pérenniser. Ce qui passe par un changement de paradigme », souligne le Mincommerce. Avant de poursuivre : « Il est temps de cesser de travailler chacun dans son couloir (…). Le gouvernement demande et exige de l’ONCC (Office national du cacao-café), du CICC, du Foddec (Fonds de développement des filières cacao et café), qu’ils travaillent ensemble », insiste le ministre du Commerce.

Le Mincommerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a profité, ce 04 mai 2023 à Yaoundé, de la cloture des travaux de la 31ème session ordinaire de l’assemblée générale du CICC, pour interpeller tous les acteurs.

Atteindre les objectifs fixés

Pour atteindre les objectifs fixés, le Mincommerce renseigne qu’une plateforme de travail doit rapidement être mises en place. Celle-ci sera chargée de préparer et d’assurer le plaidoyer de la cause nationale auprès des instances compétentes de l’UE ;  de réunir, pour les besoins de la cause, les conditions nécessaires.  « Il faudrait que les moyens adéquats d’accompagnement soient débloqués et déployés par les acteurs institutionnels », a tenu à préciser Luc Magloire Mbarga Atangana. C’est dans cette perspective que Yaoundé va, apprend-on, abriter les 06 et 08 juin prochains, la Conférence scientifique internationale sous le thème : « Approche pratique d’adaptation de la culture du cacaoyer et du caféier aux changements climatiques ». Cette conférence se déroulera en même temps que le Forum international, sous le thème : « cacao-café : Climat, Femme et Investissements », qui a lieu le 08 juin prochain.

Le CICC se prépare

Du côté du CICC, qui a organisé la 31ème session ordinaire de son assemblée générale, ce 04 mai, l’on rassure et affirme être suffisamment informés de l’adoption de ce Règlement ainsi que de ses implications. « Le cacao et la déforestation, la traçabilité, etc… ont été abordés ce jour (jeudi 04 mai 2023). Les deux représentants de l’UE nous ont expliqués les enjeux de la nouvelle règlementation adoptée qui n’est pas encore entrée en vigueur. Le CICC est bien présent pour accomplir son rôle. Nous devons également nous intéresser aux changements climatiques qui ont des conséquences néfastes pour nos filières. Nous avons fait venir des experts afin de nous dire ce qu’il y a lieu de faire pour sauver les filières cacao-café »,  indique Apollinaire Ngwe, président du CICC.

Abondant dans le même sens, le secrétaire exécutif du CICC, Omer Gatien Maledy, a profité de l’occasion pour revenir sur quelques-unes des réalisations de l’Interprofession au rang desquelles la durabilité des filières, la professionnalisation des producteurs, le programme cacao d’excellence, la poursuite déploiement programme New Generation, la femme rurale dans le cacao, etc…« Cette année , le CICC entend poursuivre par l’accélération de l’ identification des producteurs, la reprise de l’évènement promotionnelle du 10-12 août prochain ,les Journée Mensuelles de dégustation sur l’ensemble du territoire, la poursuite de l’enregistrement de l’Indication géographique, les questions sanitaires et phytosanitaires via une plateforme , la Conférence scientifique internationale sur le cacao du 6-8 juin au Cameroun », a-t-il expliqué.

Plus possible d’exporter vers l’UE des produits issus des terres déboisées depuis le 19 avril 2023

Pour rappel, c’est depuis le 19 avril dernier que la nouvelle règlementation sur les exportations a été adoptée par l’UE. Ce qui signifie que depuis cette date, il n’est plus possible d’importer en Europe les produits issus des terres déboisées (café, cacao, bétails, caoutchouc, l’huile de palme, charbon, bois, papier, etc…). « La majorité de la production des pays devrait être en conformité avec la nouvelle règlementation. Les double exigences légalité et réglementation. Le règlement exige la responsabilité qui incombe à l’opérateur qui met son produit sur le marché de l’UE. Les opérateurs doivent collecter des informations sur la traçabilité, la date de production… Les opérateurs devront collecter des informations adéquates pour prouver que les produits ne sont pas issus de la déforestation », fait savoir Sylvanie Jardinet, Attaché de Coopération, équipe environnement, agriculture et changement climatique à la délégation de l’UE au Cameroun et en Guinée Equatoriale.

Soucieux de la conformité de ses produit écoulés sur le marché de l’UE avec la nouvelle règlementation, le gouvernement, à travers des organes tels que le CCIC annonce pour bientôt une vaste campagne d’information dans les principaux bassins de production du pays. Objectif : sensibiliser de manière efficiente les producteurs sur les enjeux liés à ce nouveau Règlement de l’UE.

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