mardi, 27 février 2024
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Mballa G. Motom, Pdt Comm. Banque-Finance ICC Cameroon : « Les nouvelles règles du Commerce international sont en train de modifier la façon de commercer dans le monde »

Le président la Commission Banque & Finance d’ICC Cameroon, qui est par ailleurs le président de la Chambre nationale des Experts financiers du Cameroun, revient ici sur les enjeux du séminaire de deux jours (du 28 au 29 novembre 2023) qu’organise la branche camerounaise d’ICC Cameroon et qui s’est ouvert à Douala ce mardi 28 novembre.

EcoFinances.Net (EFN) : Monsieur le président, pourquoi un séminaire de deux jours sur la maîtrise des instruments financiers du commerce international à Douala, au moment où l’on parle de plus en plus des enjeux de la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine) pour les pays africains dont le Cameroun ?

Mballa G. MOTOM (MGM) : Il faut que vous sachiez que notre pays est engagé dans un programme d’industrialisation et il y a des enjeux avec la Zlecaf (Zone de libre-échange continentale africaine) que vous avez citée. Il y a des règles de jeu de l’Organisation internationale dans le Commerce et ces règles sont des règles qui sont en train de modifier la façon de commercer dans le monde. Donc, nos pays ne peuvent pas être en reste et ne sauraient se permettre de ne pas avoir une maîtrise des instruments qui accompagnent cette dynamique. Et si nous accompagnons cette dynamique (au niveau de la Chambre), nous sommes des relais de l’endroit où se font les règles. Et nous ne voulons pas que nos pays et notre région soient absents de cette région.

C’est pour cette raison que nous existons en tant que Chambre internationale au Cameroun (Nous sommes au Comité national, je suis le président de la Commission Banque et Finance). Nous voulons que le Cameroun  et les Camerounais, la communauté économique, etc… aient connaissance des  nouvelles règles dans le nouveau contexte et des enjeux qui se dessinent. Et donc, que nous puissions maintenant répondre à la fois pour nous-mêmes et pour la satisfaction de notre économie, afin de la structurer au niveau de l’export. Et même au niveau de l’import-substitution, que l’on sache exactement les leviers que nous avons pour faire venir et surtout faire partir notre marchandise pour que nous en soyions gagnants et pour que nous rééquilibrions notre balance commerciale.

D’ailleurs, parlant de  cette balance commerciale, elle  va être de plus en plus importante pour nous, dans la mesure où les marchés s’ouvrent. Et quand ils s’ouvrent, ça veut dire qu’il y a plus de compétition. Et plus de compétition nécessite qu’on ait des instruments ;  et des instruments qui accompagnent et qu’on  sache les utiliser. Et qu’on connaisse les règles.

Voilà l’objet de ce séminaire, qui vise donc à apporter cette expertise, cette connaissance et  cette sensibilisation à tous ceux qui sont amenés à interagir avec la communauté internationale sur le plan commercial.

EFN : Mais dans un environnement où il y a des législations internes au niveau des Etats, le commerce extérieur vu du Cameroun ne serait pas le même qu’au niveau du Maghreb par exemple. Comment est-ce qu’on contourne cela ?

MGM : Nous ne sommes pas dans des contournements. Nous sommes dans du réalisme. Le Cameroun ne peut pas se mettre  en autarcie pour se développer. Il est obligé, même s’il fait de l’import-substitution ou s’il veut faire offensivement de l’export, de connaître les règles et d’aller même intervenir où se font les règles. Vous ne pouvez pas intervenir là où se font les règles si vous ne les connaissez pas et que vous ne comprenez pas les enjeux stratégiques pour ceux qui les ont mis en place, pour que nous puissions nous aussi comprendre. Y compris avec notre législation. Et si elle est en retard, l’ajuster. Si elle est en avance, en profiter.

EFN : Dans votre exposé, vous avez parlé tout à l’heure de la cybercriminalité et de son impact néfaste sur le commerce international. Quelles mesures pour la contrer ? Et puis, la riposte doit-elle être continentale ou au niveau des Etats ?

MGM : Le crime doit être combattu sous toutes ses formes. Il est de plus en plus violent là où se trouvent les moyens et les  richesses. Donc, l’argent, il est blanchi aujourd’hui. Il est volé aujourd’hui. Il est pris tant  à des particuliers qu’à des entreprises. Et il va davantage être pris là où les grandes masses d’argent se déplacent. D’ailleurs, il n’y a pas meilleur endroit  de mouvement de fortes sommes d’argent que là  où les marchandises s’échangent.

De leur côté, les cybercriminels vont aussi vouloir être parties prenantes de ces mouvements pour siphonner, sur le plan de leur stratégie de vols et de crimes, tout l’argent qui est créé par les entreprises.

Nous ne pouvons donc pas ignorer que le digital ou le numérique vers lequel tout le monde est en train d’aller va être un problème. Et si nous n’anticipons pas ce problème, pour que nous le comprenions et qu’il ne devienne pas un handicap insurmontable, quel aurait été l’intérêt ? Nous avons l’obligation de comprendre le lien entre la cybercriminalité et le commerce international, pour prendre des mesures  d’organisation, d’anticipation, de protection et même de combat.

EFN : Monsieur le président, ce séminaire intervient aussi dans un contexte où justement nos opérateurs économiques éprouvent de la peine depuis quelques années à envoyer de l’argent à leurs fournisseurs. Ils se plaignent généralement de ce que c’est la BEAC qui rend les transactions difficiles, en raison de la règlementation des changes. Et aujourd’hui, on parle de la maîtrise des instruments financiers du commerce international. Comment est-ce que ce séminaire peut les aider à régler ce genre de problème ?

MGM : Il est important de comprendre les raisons pour lesquelles ce blocage a lieu. Il peut être institutionnel, mais ce n’est pas ma préoccupation ici. Mais il est important que ceux qui interagissent avec les banques comprennent déjà quelles sont leurs responsabilités pour qu’ils soient plus fondés de décrier ce qui se fait au niveau des banques  et pourquoi il y a ces blocages. Et que si ces blocages existent, et comme ils existent vraiment et qu’ils sont quelque chose de contraignant pour les acteurs économiques, que chacun sache qu’il a fait ce qu’il doit faire. Et à ce moment-là, on dégage plus aisément les voies vers lesquelles il faut aller en se concertant. Mais, si vous ne savez déjà pas comment se fait une exportation et comment on la règle, comment comptez-vous contester le fait qu’une banque vous oppose des devises ou que la Banque centrale vous dise qu’elle ne peut pas. Il y a d’autres enjeux, mais nous, de notre côté, nous sommes là pour outiller ceux qui vont justement vers la demande de ces devises parce qu’ils veulent faire avancer cette économie. Et donc, les solutions sont aussi celles de savoir, parce que ce n’est pas avec l’ignorance qu’on va résoudre des problèmes où on demande à savoir.

Propos recueillis par EFN

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