lundi, 04 mars 2024
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Huile de palme : Socfin, la maison-mère de la Socapalm, obligée de verser 92 millions de FCFA aux communautés riveraines à Kribi

La holding belgo-luxembourgeoise a été condamnée le 29 septembre dernier par le tribunal de grande instance de Nanterre en France, donnant ainsi raison aux communautés riveraines qui reprochent à la Socapalm de polluer les eaux tout en dégradant leurs conditions de vie.

(EcoFinances) – La holding belgo-luxembourgeoise Socfin (Société financière du caoutchouc), maison-mère de la Socapalm (Société camerounaise de palmeraies), est contrainte de payer la somme de 92 millions de FCCFA (140 000 euros) à 145 villageois de Kribi, ville portuaire et chef-lieu de la région du Sud, selon le tribunal de grande instance de Nanterre (Paris) en France qui a condamné cette dernière le 29 septembre 2023.

C’est ce qu’indique une récente dépêche de l’AFP (Agence France Presse) qui nous apprend que les 145 riverains dénoncent l’exploitation de palmiers par la Socapalm près de leur lieu de vie. Une activité de la Socapalm  qui condamne l’accès des riverains aux terrains et lieux de sépulture, tout en polluant les eaux dont ils dépendent pour leurs besoins et autres.

Or, assurent-ils, la Socapalm est contrôlée par le groupe Bolloré via la holding belgo-luxembourgeoise Socfin, « ce qui soumettrait le géant industriel français au ‘’devoir de vigilance’’ sur ses activités ».

Alors que la Socapalm s’est exécutée, Socfin ne s’y est , apprend-on, astreinte que partiellement. D’où la sentence qui est tombée il y a quelques jours. « En plus des 140 000 euros à verser, la société domiciliée au Luxembourg devra payer 2,62 millions de FCFA (4000 euros) par jour de retard à présenter les documents. Et si elle ne le fait pas, l’avocat Fiodor Rilov ,qui représente les plaignants camerounais,  promet de retourner devant le tribunal de Nanterre dans les semaines à venir », confie un riverain bénéficiaire de cette condamnation, qui ajoute qu’il s’agit là d’une victoire d’étape pour les plaignants.  

Même si, sur le fond, « la question du rôle du groupe français Bolloré n’est pas encore tranchée », reconnait-il.

Vincent Bolloré, PDG du groupe Bolloré.

Production des procès-verbaux des quatre derniers exercices

Pour la gouverne de nos lecteurs, la loi de 2017 sur le « devoir de vigilance » oblige les multinationales françaises à s’assurer que leurs filiales (directes et/ou indirectes), ainsi que leurs sous-traitants et fournisseurs, respectent à la lettre les droits humains, la santé, les libertés fondamentales, la sécurité des personnes et l’environnement.

Des exigences que la filiale locale de Socfin peine encore à respecter, obligeant les riverains des régions du Sud et du Littoral à manifester devant ses bureaux de manière permanente.

Pour rappel, la cour d’appel de Versailles (à Paris) avait déjà en 2022 reconnu que les activités de la Socapalm sont susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux des demandeurs, notamment à leur droit à un environnement sain. Tout comme elle avait demandé que lui soient communiqués les procès-verbaux des assemblées générales de Socfin et Socapalm des quatre derniers exercices. Objectif : déterminer le rôle exact joué par le groupe Bolloré en leur sein.

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