lundi, 15 juillet 2024
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Assassinat de Martinez Zogo : L’Etat de droit attaqué

Des hommes des médias aux acteurs politiques tels que le Pr Maurice Kamto (leader du MRC), l’avocat Akere Muna et Alice Sadio, au ministre de la Communication, René Sadi, en passant par les acteurs de la société civile, tous ont fermement condamné l’assassinat crapuleux du journaliste et directeur de la radio Amplitude FM, Martinez Zogo, dont la dépouille mutilée a été découverte aux premières heures de ce dimanche 22 janvier 2023.

(EcoFinances) – L’assassinat du journaliste et chef de chaîne de la radio Amplitude FM, Martinez Zogo, dont la dépouillée mutilée a été découverte au quartier Ebobogo 3 par Soa (dans la périphérie de Yaoundé) par les riverains au premières heures de ce dimanche 22 janvier 2023, est sans aucun doute une violente atteinte à l’Etat de droit, selon les hommes et femmes des médias, les acteurs de la société civile, ainsi que le gouvernement.

En plus des hommes et femmes des médias qui ont été parmi les premières personnes à l’affirmer (directement ou indirectement via leurs différents syndicats) ce dimanche 22 janvier, des leaders de partis politiques tels que le Pr Maurice Kamto, président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), l’avocat Akere Muna, ou encore l’ancienne présidente de l’Alliance des Forces Progressistes (AFP), Alice Sadio, n’ont pas manqué de le souligner, réclamant la justice pour Martinez Zogo.

« Ce 22 janvier, des images insoutenables et des bribes d’informations sur les réseaux sociaux laissent croire que le pire serait arrivé à l’animateur radio Martinez Zogo, enlevé depuis plusieurs jours par des hommes non identifiés », a déclaré Maurice Kamto. Avant d’ajouter : « Si cette information est confirmée, il serait avéré que chaque citoyen camerounais est en totale insécurité sous le régime RDPC déclinant. Nous exigeons une communication du gouvernement ce 22 janvier, pour infirmer ou confirmer la rumeur de l’assassinat de M. Martinez Zogo ».

L’avocat Akere Muna et homme politique (ancien candidat à la présidentielle de 2018), déplore non seulement la disparition de l’intégrité au Cameroun, mais il dénonce aussi l’impunité qui est devenue la règle. « Très horrifié par l’enlèvement et l’assassinat du journaliste Martinez Zogo. L’intégrité dans notre pays a disparu. L’impunité est la règle. Cette terre perd son âme. La pratique de déshumanisation qui a commencé dans le NW et SW est maintenant un modus vivendi. Que Dieu nous aide », fait-t-il savoir dans un tweet ce 22 janvier.

Femme politique et grande actrice de la société civile au Cameroun, Alice Sadio estime, pour sa part, qu’il est temps de briser les chaînes de la mafia qui sévit impunément. « Assassinat crapuleux de #Martinez Zogo. Je crois que le temps est venu pour les Camerounais de demander des comptes. De briser les chaînes de cette mafia qui sévit impunément. C’est une question de survie générationnelle désormais », indique celle qui est par ailleurs l’ancienne présidente de l’AFP.

Le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC), qui dénonce cet assassinat odieux et ses conséquences qui restreignent encore plus « la liberté et la sécurité dans notre pays » a appelé, ce 22 janvier à travers un communiqué, les autorités compétentes à donner une réplique appropriée à cet assassinat en menant des enquêtes pour trouver et réprimer les coupables.

Tard dans la journée du dimanche 22 janvier, le ministre de la Communication a finalement réagi via un communiqué du gouvernement, condamnant fermement ce crime crapuleux, rappelant que le Cameroun est un Etat de droit et que « les recherches actives se poursuivent dans le cadre de l’enquête ouverte pour retrouver et traduire devant la justice les auteurs de ce crime odieux ».

L’assassinat de Martinez Zogo intervient malheureusement dans un contexte où de nombreux journalistes exerçant dans le pays sont menacés et traqués au quotidien. Situation qui parfois débouche sur des assassinats et ou des décès en détention. L’on a encore en mémoire, le décès, dans des circonstances troubles, des journalistes Samuel Wazizi, Jules Koum Koum et Bibi Ngota.

Redéfini au début du 20ème siècle par le juriste autrichien Hans Kelsen, l’Etat de droit est cet Etat dans lequel les normes juridiques sont hiérarchisées de telle sorte que sa puissance s’en trouve limitée. « Dans ce modèle, chaque règle tire sa validité de sa conformité aux règles supérieures. Un tel système suppose, par ailleurs, l’égalité des sujets de droit devant les normes juridiques et l’existence de juridictions indépendances », explique vie-publique.fr, site français spécialisé dans les politiques publiques et les grands débats qui animent la société.

« Sommes-nous vraiment dans un Etat de droit ? », interrogent, inquiets, les hommes et femmes des médias au Cameroun.

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