(EcoFinances.Net) – Deux jours après la signature de l’Accord-cadre de partenariat économique, l’Ambassadeur de Chine au Cameroun, S.E. Xu Yong, a réaffirmé la semaine dernière à Yaoundé l’engagement de son pays à soutenir l’économie camerounaise. Le diplomate a annoncé que le projet d’« arrangement précoce » permettra aux produits camerounais, notamment le cacao et le coton, d’accéder au marché chinois sans droits de douane. Cette mesure constitue une bouffée d’oxygène pour le cacao, fragilisé par le règlement européen sur la déforestation qui entrera en vigueur fin décembre 2025.
Une alternative stratégique pour les exportateurs
Le cacao et le coton, piliers des exportations agricoles camerounaises, trouvent ainsi une nouvelle opportunité de valorisation. En bénéficiant d’un accès préférentiel au marché chinois, ces filières pourront compenser les contraintes imposées par l’Union européenne et diversifier leurs débouchés. Le café et d’autres produits agricoles sont également concernés, ouvrant la voie à une expansion des exportations vers l’Asie.
Pékin mise sur l’industrialisation locale
Au-delà de la libéralisation des échanges, Pékin envisage un partenariat industriel. L’Ambassadeur Xu Yong a évoqué l’arrivée prochaine d’investisseurs chinois désireux de produire et de transformer directement au Cameroun. Cette stratégie devrait créer des emplois, favoriser le transfert de technologie et renforcer la compétitivité des entreprises locales. Pour le Ministre Luc Magloire Mbarga Atangana, il s’agit d’une opportunité historique : « Le projet d’arrangement précoce doit aboutir à un partenariat économique et industriel », a-t-il martelé. Cette vision s’inscrit dans la feuille de route du Président Paul Biya, qui prône la transformation structurelle de l’économie par la valorisation locale des matières premières.
Les acteurs économiques déjà mobilisés
Du côté camerounais, l’enthousiasme est palpable. Le Ministre du Commerce a révélé avoir reçu plusieurs demandes d’opérateurs économiques souhaitant être associés au processus. Les discussions techniques entre experts des deux pays se poursuivent pour définir la liste des produits concernés, les quotas éventuels et le calendrier de mise en œuvre. Le gouvernement appelle toutefois à une réflexion stratégique afin d’identifier les filières à fort potentiel sur le marché chinois. Si le cacao et le coton apparaissent comme des valeurs sûres, d’autres produits agricoles et industriels pourraient également tirer profit de cette ouverture.
JRD

