(EcoFinances.Net) – En septembre 2025, les exportations de bananes ont atteint 22 060 tonnes, réparties entre PHP (15 483 t), CDC (4 357 t) et CDBM (2 295 t). En octobre, le volume total s’élève à 20 973 tonnes, avec PHP (14 172 t), CDC (3 411 t) et CDBM (2 475 t). Ces chiffres confirment la résilience de la filière, malgré les défis logistiques et climatiques.
Mais un détail saute aux yeux : Boh Plantations Plc (BPL), qui avait exporté régulièrement jusqu’en août, n’apparaît plus dans les statistiques depuis septembre. Cette absence est d’autant plus étonnante que la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où BPL est implantée, s’est nettement améliorée ces dernières années.
Une anomalie qui interroge
L’Assobacam (Association bannière du Cameroun) n’a pas communiqué sur les raisons de ce retrait. Cependant, plusieurs hypothèses émergent : des difficultés opérationnelles persistantes, liées à la reprise post-crise dans le NoSo ; des contraintes techniques ou phytosanitaires, qui auraient freiné la récolte ou le conditionnement ; une restructuration interne ou un repositionnement stratégique, dans un contexte de concurrence accrue.
Selon des sources concordantes, BPL aurait connu des perturbations dans ses chaînes logistiques, malgré l’accalmie sécuritaire. D’autres évoquent un ralentissement volontaire, lié à des travaux de réhabilitation ou à une révision de ses standards d’exportation.
Pendant ce temps, CDBM, filiale du groupe Compagnie fruitière de Marseille, consolide sa place dans le trio de tête, avec des volumes en nette progression. Cette montée en puissance pourrait avoir relégué BPL à un rôle secondaire, voire temporairement hors circuit.
180 000 tonnes de bananes exportées depuis janvier
Depuis janvier 2025, le Cameroun a exporté environ 180 000 tonnes de bananes, selon les données cumulées. Ce volume confirme la vitalité du secteur, qui reste un pilier de l’économie agricole. La filière génère des milliers d’emplois directs et indirects, tout en contribuant aux recettes d’exportation.
L’absence de BPL sur deux mois consécutifs pose néanmoins la question de la diversification des opérateurs et de la soutenabilité des chaînes de production dans les zones historiquement fragiles. Elle rappelle que la sortie de crise dans le NoSo ne garantit pas une reprise immédiate des activités économiques.
Pour les autorités et les acteurs de la filière, il s’agit désormais de accompagner les producteurs en difficulté, de renforcer les capacités logistiques et de maintenir la compétitivité du Cameroun sur le marché international.
JRD

