(EcoFinances.Net) – Réunis ce 30 octobre 2025 à l’Hôtel Radisson Blu de Libreville, les représentants des banques, des institutions financières, des autorités monétaires et judiciaires, ainsi que des associations de consommateurs ont répondu à l’appel de la COBAC (Commission bancaire de l’Afrique centrale) . Sous la présidence de Marcel ONDELE, Secrétaire Général, et avec la participation en visioconférence de Patricia Danielle MANON, son adjointe, les échanges ont porté sur deux textes sensibles : le projet de règlement CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) sur la mise à l’index des clients en situation de non-remboursement de crédit ; et le projet COBAC sur le relèvement du capital social minimum des établissements de crédit.
Ces textes s’inscrivent dans le Plan Stratégique 2025–2029 de la COBAC, baptisé « OWALI », qui vise à renforcer la résilience du système bancaire régional. Le contexte post-électoral, les tensions sur les créances impayées et les exigences de financement des économies locales ont donné à cette consultation une portée particulière.
Encadrer les débiteurs défaillants sans fragiliser la confiance
Le projet de mise à l’index des clients défaillants a suscité de vifs échanges. Les participants ont interrogé la compétence de la COBAC à légiférer sur cette matière, les modalités de recours, la protection des données personnelles et l’impact sur les dirigeants de sociétés. Le Directeur National de la BEAC pour le Cameroun, Pierre Emmanuel NKOA AYISSI, a partagé l’expérience nationale de la loi de 2019, soulignant les limites d’un dispositif sans système centralisé performant.
À fin mars 2025, les créances en souffrance représentaient 17,4 % des crédits bruts du secteur bancaire de la CEMAC, soit environ 3 850 milliards FCFA sur un encours total estimé à 22 100 milliards FCFA. Ce niveau élevé a renforcé l’urgence d’un encadrement plus rigoureux des débiteurs défaillants, tout en garantissant un équilibre entre prévention du risque de crédit et protection des usagers.
Les débats ont aussi porté sur la nécessité d’un système dérogatoire permettant aux clients mis à l’index de couvrir certaines dépenses essentielles, dans l’intérêt du système bancaire et des déposants. La COBAC a pris acte des propositions et annoncé une révision du texte pour intégrer les CNEF nationaux dans le dispositif.
Capital minimum : vers un relèvement progressif
Le second texte, relatif au capital social minimum, prévoit de fixer ce seuil à 25 milliards FCFA pour les banques et à 4 milliards pour les établissements financiers. Présenté par Vladimir OMBOLO MVOGO, Conseiller du Secrétaire Général, ce projet vise à renforcer la solvabilité des acteurs et leur capacité à financer durablement les économies de la sous-région.
Les professionnels ont plaidé pour une différenciation selon les modèles d’affaires et l’ouverture du capital au marché boursier. En réponse, la COBAC a annoncé un allongement du délai de mise en conformité à quatre ans, tout en encourageant le recours au marché financier, en écho aux recommandations de la Cosumaf ( Commission de surveillance des marchés financiers).
JRD

