(EcoFinances.Net) – Selon la Note de conjoncture économique publiée ces derniers jours par le ministère des Finances, les recettes fiscales mobilisées au premier trimestre 2025 s’élèvent à 997,7 milliards FCFA, contre 974,8 milliards FCFA à la même période en 2024. Ce gain de 22,9 milliards FCFA traduit une capacité de mobilisation fiscale maintenue, malgré les perturbations liées à la conjoncture politique et économique. Cette évolution est portée par les efforts soutenus de l’administration fiscale pour renforcer les ressources internes, dans un contexte de baisse des recettes pétrolières et de ralentissement de certaines activités économiques.
Des performances contrastées selon les segments
Derrière cette progression globale se cachent cependant des disparités. Les impôts et taxes ont reculé de 4,8 %, passant de 769,1 à 732,4 milliards FCFA, soit une perte de 36,7 milliards FCFA. Ce fléchissement s’explique par un ralentissement de la consommation, des difficultés de recouvrement dans certains secteurs et une dynamique économique encore fragile. En revanche, les recettes douanières ont progressé de 59,6 milliards FCFA, passant de 300,2 milliards au T1 2024 à 359,8 milliards au T1 2025, tandis que les recettes non fiscales, bien qu’en léger recul de 12 milliards (de 73,2 à 61,2 milliards FCFA), ont contribué à atténuer la baisse des impôts directs estimée à 36,7 milliards FCFA. Ces segments confirment leur rôle stratégique dans la stabilisation des recettes publiques.
Réformes et modernisation en appui
Pour consolider cette trajectoire, le gouvernement mise sur plusieurs leviers : la digitalisation des procédures fiscales, pour améliorer la traçabilité et réduire les pertes ; le renforcement du contrôle fiscal, ciblant les secteurs à fort potentiel de fraude ; et l’élargissement de la base contribuable, notamment dans l’économie informelle. Ces réformes s’inscrivent dans une stratégie de modernisation de l’administration fiscale, visant à diversifier les sources de financement de l’État et à réduire la dépendance aux revenus pétroliers. Elles traduisent une volonté politique de bâtir une fiscalité plus inclusive, plus efficace et mieux adaptée aux réalités économiques du pays.
JRD

