(EcoFinances.Net) – La colère populaire, latente depuis le scrutin du 12 octobre, s’est exprimée dans les rues dès le 23 octobre. Mais c’est le lundi 27, après la proclamation officielle des résultats, que les violences ont atteint leur paroxysme. À Douala, plusieurs infrastructures économiques ont été prises pour cible.Des stations Tradex à Yassa et Boko ont été vandalisées. Une station Neptune au quartier Ngodi a été attaquée, tout comme une station Bocom dont l’incendie reste à confirmer.
Du côté de Yassa, des engins de l’entreprise De BTP Magil (dont la base est située à proximité du stade de Japoma) ont été incendiés par des manifestants en furie. À Akwa, une agence de la Société Générale a été saccagée, provoquant la suspension temporaire de ses services. Ces attaques ont semé la panique dans les quartiers commerçants, paralysant les opérations financières et les retraits, au moment où les entreprises tentaient de sécuriser leurs liquidités.
Supermarchés, entrepôts et boutiques pillés : Mboppi et Saker en détresse
Les violences ont également touché les circuits de distribution. Le marché Mboppi, poumon commercial de Douala, a vu plusieurs entrepôts de riz et de denrées alimentaires pillés. Des commerçants ont rapporté des pertes importantes, notamment dans les rayons de gros. Les boutiques situées le long des grands axes comme Deido, Bonabéri et Bépanda ont été vandalisées, certaines incendiées.
Le supermarché Saker, situé à Bali, a été pris d’assaut par des manifestants. Rayons vidés, équipements détruits, personnel traumatisé : l’établissement reste fermé depuis. Ces actes ont provoqué une rupture d’approvisionnement dans plusieurs quartiers, aggravant la précarité alimentaire et la méfiance des opérateurs économiques.
Enjeux économiques : confiance ébranlée, relance fragile
Ces tensions post-électorales ont un coût économique direct : pertes matérielles, interruption des services, baisse de la consommation, et repli des investissements. À Douala, les PME et les multinationales peinent à reprendre leurs activités dans un climat d’incertitude. Les assurances sont débordées, les banques renforcent leurs mesures de sécurité, et les commerçants hésitent à rouvrir.
Cependant, certaines entreprises ont timidement repris leurs activités ce mardi 28 octobre, notamment dans les quartiers moins touchés. Des stations-service ont rouvert, des agences bancaires ont repris partiellement leurs opérations, et quelques commerces ont relancé leurs services, malgré une circulation encore perturbée à l’entrée de Bille (Douala 3eme).
Au-delà des dégâts visibles, c’est la confiance dans l’environnement des affaires qui est ébranlée. Les investisseurs étrangers observent avec prudence, tandis que les acteurs locaux réclament des garanties de sécurité et des mesures de soutien. Le gouvernement, via le Minat, le ministère du Commerce et celui des PME, devra agir vite pour restaurer la stabilité, indemniser les victimes et relancer les circuits économiques.
JRD

