(EcoFinances.Net) – Les 700 milliards de FCFA mis en adjudication par la Banque des États de l’Afrique centrale ( BEAC), dans le cadre de son appel d’offres lancé le 7 octobre dernier, ont été entièrement servi, face à des offres exprimées totalisant 817 milliards FCFA, soit un taux de souscription de 116,71 %. C’est ce qu’indiquent les résultats de cette opération d’injection de liquidités rendu publics ce 8 octobre 2025, et qui renseignent que 16 établissements bancaires ont participé à l’opération, avec 38 offres déposées.
Ce niveau de demande traduit une pression persistante sur les réserves bancaires, alors que le TIMP (Taux d’intérêt moyen pondéré) de référence à 7 jours atteint 6,97 %, bien au-dessus du Taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO) fixé à 4,50 %. Le spread de 2,47 % entre le TIMP et le TIAO illustre les tensions sur le marché interbancaire, où les banques peinent à se refinancer à des conditions favorables.
Une politique d’injection soutenue depuis janvier
Depuis le début de l’exercice 2025, la BEAC a injecté plus de 4200 milliards FCFA dans le système bancaire régional à travers ses opérations hebdomadaires d’open market. Ces interventions visent à accompagner la reprise économique post-crise, à contenir l’inflation et à soutenir le crédit au secteur privé.L’opération du 7 octobre se distingue par son ciblage plus fin des taux : le taux marginal d’adjudication ressort à 4,75 %, tandis que le taux moyen pondéré des montants adjugés atteint 5,00 %. Ces niveaux traduisent une volonté de la banque centrale de laisser jouer une légère tension sur les taux, afin de discipliner les anticipations de liquidité et de freiner les comportements spéculatifs……
Vers une normalisation progressive de la politique monétaire
Alors que la BEAC maintient son taux de facilité de dépôt à 0 % et celui du prêt marginal à 6 %, elle semble opter pour une approche graduelle de normalisation monétaire, sans brusquer les marchés. L’objectif est double : éviter une surchauffe du crédit tout en préservant la solvabilité des banques dans un environnement marqué par des incertitudes politiques et des fluctuations des prix des matières premières.Cette opération du 7 octobre pourrait annoncer une inflexion dans la stratégie de la BEAC, avec des adjudications plus sélectives et une surveillance accrue du marché interbancaire. Elle intervient à un moment clé, où les États de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et RCA) préparent leurs budgets 2026 et où les besoins de financement des économies nationales s’intensifient.
JRD

