(EcoFinances.Net) – Les exportations de cacao brut en fèves ont atteint 810,2 milliards FCFA en 2025, contre 683 milliards FCFA en 2024 et 359 milliards FCFA en 2023. Cette progression spectaculaire en valeur (+18,7 % par rapport à 2024) s’explique par la hausse des cours mondiaux, qui ont compensé la baisse des volumes exportés (-9 %). Autrement dit, le Cameroun a vendu moins de cacao en quantité, mais à un prix unitaire bien plus élevé. Cette dynamique illustre la dépendance du pays aux fluctuations des marchés internationaux, mais aussi la résilience de la filière cacao face aux chocs externes.
Montée en puissance des produits semi-finis et finis
La transformation locale des fèves a également progressé. En 2025, les exportations de pâte de cacao ont atteint 261,3 milliards FCFA, tandis que le beurre de cacao a généré 115,6 milliards FCFA, soit un total de 386,9 milliards FCFA. En 2024, ces produits représentaient 318 milliards FCFA, contre seulement 161 milliards FCFA en 2023. La progression est donc nette : +21,2 % en un an et +140 % en deux ans. Cette évolution traduit les efforts d’industrialisation et de valorisation locale, encouragés par la stratégie nationale de développement (SND30). Toutefois, la part des produits transformés reste encore inférieure à celle des fèves brutes, signe que la filière doit poursuivre sa montée en gamme pour maximiser la valeur ajoutée.
Captation de la valeur ajoutée par l’extérieur
Ces performances illustrent deux réalités. D’une part, le Cameroun reste dépendant des cours mondiaux du cacao brut, ce qui expose les producteurs aux fluctuations du marché. D’autre part, la transformation locale, bien qu’en croissance, demeure insuffisante pour inverser la tendance. Le contraste entre les 810 milliards FCFA des fèves brutes et les 386 milliards FCFA des produits semi-finis montre que la valeur ajoutée reste largement captée à l’extérieur. Pour les décideurs, ces chiffres soulignent l’urgence d’investir dans la transformation industrielle afin de retenir davantage de richesse sur le territoire et de créer des emplois qualifiés.
Le cacao face aux autres produits d’exportation
En 2025, le cacao brut et ses dérivés ont représenté 38,5 % des recettes totales d’exportation, loin devant le pétrole brut (22,9 %), le gaz naturel liquéfié (11,4 %), le bois (7,1 %) et le coton brut (4 %). Cette domination confirme que le cacao est désormais le premier produit d’exportation du Cameroun, supplantant les hydrocarbures dont les recettes ont fortement chuté. La filière cacao apparaît ainsi comme un pilier stratégique pour la diversification des exportations et la résilience économique du pays.
JRD

