(EcoFinances.Net) – Selon les médias gabonais, le gouvernement gabonais a décidé de mettre en vente son Boeing 777 présidentiel, immobilisé depuis des années et réputé pour ses coûts d’entretien exorbitants. Acquis pour près de 300 millions USD (166, 6 milliards de FCFA) et générant plus de 20 millions USD (11, 1 milliards de FCFA) de frais annuels, l’appareil symbolise les excès du passé. Sa cession marque une volonté de rationaliser les finances publiques et de rompre avec l’ère Bongo.
Un appareil symbole de prestige et de controverse
Le Boeing 777-200 BBJ, immatriculé TR-KPR, avait été acquis sous la présidence d’Ali Bongo pour assurer les déplacements officiels. Aménagé par une société suisse, il disposait de suites privées, d’une salle de réunion et d’un vaste salon, faisant de lui l’un des avions présidentiels les plus luxueux d’Afrique. Mais ce prestige s’est rapidement transformé en fardeau. En 2015, l’appareil avait été saisi à Paris dans le cadre d’un litige commercial, provoquant un scandale médiatique et diplomatique. Depuis, il est resté immobilisé, accumulant des frais de stockage et devenant un symbole encombrant des excès liés aux dépenses présidentielles.
Des coûts faramineux pour les finances publiques
Selon les estimations des sites spécialisés, un Boeing 777-200 BBJ coûte entre 250 et 320 millions USD à l’acquisition, auxquels s’ajoutent entre 50 et 100 millions USD pour les aménagements VIP. En exploitation, l’appareil consomme près de 6 800 litres de kérosène par heure de vol, soit environ 5 000 USD au prix actuel du carburant. À cela s’ajoutent les contrôles techniques réguliers, dont les “C checks” et “D checks”, qui peuvent atteindre plusieurs millions USD par cycle. En moyenne, les frais annuels d’exploitation et de maintenance dépassent 20 à 25 millions USD, sans compter les coûts de stockage estimés à 1 à 2 millions USD par an pour un appareil immobilisé. Pour un pays en quête de rationalisation budgétaire, ces montants sont jugés insoutenables.
Une rupture avec l’ère des excès
La décision de vendre le Boeing 777 s’inscrit dans une volonté politique de rompre avec l’image d’un État dépensier et de privilégier une gestion plus pragmatique des ressources publiques. Les autorités gabonaises affichent désormais une stratégie de rationalisation du patrimoine de l’État, en privilégiant des avions plus modestes et adaptés aux besoins réels des déplacements officiels. Le Gabon a ainsi acquis récemment un Gulfstream G550 et un Embraer E145 VIP, moins coûteux à exploiter et plus faciles à entretenir. Cette transition illustre une volonté de concilier prestige et rationalité budgétaire, tout en envoyant un signal fort aux partenaires internationaux sur la rigueur de la gestion publique.
Joseph Roland Djotié

