(EcoFinances.Net) – Né le 26 octobre 1934 à Bangangté, Marcel Niat Njifenji grandit dans une famille modeste, entre un père infirmier et une mère agricultrice. Élève studieux, il se distingue dès le lycée général-Leclerc de Yaoundé en remportant en 1954 le concours général de France et de l’Union française en histoire-géographie. Son parcours universitaire en France le mène à Clermont-Ferrand puis à Supélec, où il obtient son diplôme d’ingénieur. De retour au Cameroun en 1960, il intègre la fonction publique comme ingénieur des ponts et chaussées, avant de se tourner vers le secteur stratégique de l’énergie.
Le bâtisseur de l’électricité nationale
Dès les années 1960, Niat Njifenji participe aux grands chantiers hydroélectriques du pays. À la tête de la SONEL, qu’il dirige pendant près de deux décennies, il impulse la construction de barrages majeurs comme Song Loulou ou Lagdo, et supervise l’électrification de milliers de localités. Ses choix techniques, parfois audacieux, marquent durablement le paysage énergétique camerounais. Ses collaborateurs le décrivent comme un homme charismatique, exigeant mais juste, capable de déléguer et de valoriser la compétence.
L’homme politique aux multiples visages
Son expertise le conduit au gouvernement en 1990 comme ministre du Plan, puis vice-Premier ministre chargé des Mines, de l’Eau et de l’Énergie. Élu député du RDPC en 1992, maire de Bangangté en 2002, il incarne la polyvalence d’un homme de terrain. Malgré une incarcération brève en 1984, il revient au-devant de la scène politique et s’impose comme une figure incontournable du parti au pouvoir. Sa carrière illustre la capacité à naviguer entre technocratie et politique, entre gestion des infrastructures et responsabilités électives.
Président du Sénat et figure nationale
En 2013, il est élu président du Sénat, devenant la deuxième personnalité de la République. Réélu à plusieurs reprises, il incarne la stabilité institutionnelle et la continuité de l’État. Sa présidence est marquée par un style posé, une autorité tranquille et une volonté de préserver l’équilibre politique. Sa disparition le 11 avril 2026 à Yaoundé met fin à une trajectoire exceptionnelle. Le communiqué officiel du Sénat, signé par son successeur Aboubakary Abdoulaye, salue « une vie qui peut basculer, une dignité qui peut être restaurée et un avenir qui peut enfin prendre forme ».
Marcel Niat Njifenji laisse donc l’image d’un bâtisseur, d’un homme de conviction et d’un serviteur de l’État. Sa vie, traversée par les grandes mutations du Cameroun moderne, illustre la rencontre entre compétence technique et engagement politique. Sa mort ouvre une page nouvelle pour le Sénat, mais son héritage restera celui d’un homme qui aura contribué à électrifier le pays et à incarner la stabilité institutionnelle.
JRD

