(EcoFinances.Net) – La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a servi l’intégralité des 400 milliards de FCFA mis en adjudication lors de son appel d’offres du 7 avril 2026, face à une demande excédentaire de près de 580 milliards. Le taux marginal ressort à 4,88%, confirmant une orientation ferme de la politique monétaire dans un contexte de tensions sur le marché interbancaire. Le communiqué publié ce 8 avril 2026 par la BEAC révèle que douze participants ont exprimé vingt‑huit offres totalisant 579,9 milliards de FCFA, soit un taux de souscription de 144,98%. Ce décalage entre la demande et l’offre traduit la forte pression des établissements bancaires à la recherche de liquidité. En choisissant de servir uniquement le montant initial de 400 milliards, la Banque centrale confirme sa volonté de maintenir une discipline stricte dans la gestion des flux monétaires.
Des taux directeurs qui balisent le marché
Le taux d’intérêt des appels d’offres est resté fixé à 4,75%, tandis que la facilité de prêt marginal s’établit à 6,25% et la facilité de dépôt à 0%. Les soumissions des banques ont oscillé entre 4,83% et 5%, avec un taux moyen pondéré des montants adjugés de 4,94%. Des chiffres qui traduisent une convergence autour du corridor fixé par la BEAC, qui cherche à contenir l’inflation et à stabiliser la monnaie commune. Le spread (différence entre deux taux d’intérêt) de 1,25% entre le TIMP de référence (6%) et le TIAO illustre la tension persistante sur le marché interbancaire.
Un signal fort aux acteurs économiques
En resserrant ainsi l’accès à la liquidité, la BEAC envoie un message clair aux banques et aux opérateurs économiques : la stabilité monétaire prime sur l’abondance de crédits. Cette posture vise à renforcer la crédibilité de la politique monétaire et à prévenir les dérives inflationnistes dans la sous‑région. Pour les milieux d’affaires et les institutions internationales, ces résultats confirment la détermination de la Banque centrale à maintenir un cadre rigoureux, malgré les besoins croissants de financement exprimés par les acteurs du marché.
JRD

