(EcoFinances.Net) – Conformément aux instructions du président Paul Biya, le ministre des Finances Louis Paul Motaze a annoncé, ce 30 janvier 2026, la réalisation d’une émission obligataire internationale par placement privé. L’opération, arrangée par Citi, JP Morgan et Cygnum Capital, visait initialement six cents millions de dollars. La demande des investisseurs institutionnels a atteint près d’un milliard, permettant de retenir un montant final de sept cent cinquante millions de dollars, soit environ 410 milliards de FCFA au taux de change moyen de 547 FCFA pour un dollar. Cette sursouscription traduit, apprend-on, la confiance des marchés financiers dans la signature souveraine du Cameroun, malgré un environnement international et sous-régional marqué par la volatilité et les incertitudes macroéconomiques. Le choix d’une maturité de sept ans, avec deux années de grâce, offre au pays une respiration budgétaire et une visibilité sur le moyen terme.
Un taux d’intérêt maîtrisé grâce au swap
Au-delà du volume mobilisé, l’élément marquant de cette émission est la mise en place d’un swap de change USD/EUR – un mécanisme financier qui permet d’échanger les flux de paiement en dollars contre des flux en euros, afin de réduire le risque lié aux variations de devises. Grâce à ce dispositif, le coupon effectif en euro a été ramené à 7,79 %, ce qui améliore la soutenabilité de la dette publique. Comparé aux eurobonds précédents, cette opération se distingue par une meilleure maîtrise du coût. En 2015, le Cameroun avait levé 750 millions de dollars à un taux avoisinant 9,75 %, tandis qu’en 2021, une opération de refinancement avait été réalisée dans un contexte plus tendu. L’émission de 2026 illustre donc une sophistication accrue dans la gestion proactive du portefeuille de dette.
À quoi serviront les fonds mobilisés
Selon le communiqué du ministère des Finances, les ressources levées sont , entre autres, destinées à apurer les restes à payer du budget antérieur, notamment les décomptes liés à certains projets prioritaires ; assurer la continuité et l’achèvement de ces projets dans des délais optimaux ; et à sécuriser les ressources nécessaires à l’exécution du budget 2026. Le ministre des Finances et sa délégation ont également profité de cette opération pour dialoguer avec les investisseurs et les agences de notation, mettant en avant les réformes en cours et les opportunités d’investissement au Cameroun.
JRD

