(EcoFinances.Net) – Depuis 2025, le projet de scanning à 100 % des conteneurs au Port autonome de Douala est au cœur d’un bras de fer entre la société Transatlantic D. SA, nouvel opérateur retenu pour déployer le dispositif, et la SGS, prestataire historique. Le 26 janvier 2026, une correspondance présidentielle transmise par le Chef d’État-major particulier avait validé le retrait de SGS, au nom de la sécurité nationale et de la souveraineté opérationnelle. Cette décision avait été interprétée comme une volonté de protéger le projet contre toute tentative de sabotage.
Mais la réunion d’urgence présidée ce jeudi par le Premier ministre vient rebattre les cartes. En présence des ministres concernés et des parties prenantes, Joseph Dion Ngute a rappelé que le contrat de SGS ayant été signé avec le Gouvernement, il ne revient pas à une autre entité de procéder à son annulation. Cette clarification juridique replace le dossier dans le giron du pouvoir exécutif central, mais souligne aussi les divergences de lecture entre les différentes institutions impliquées. .
Enjeux et cacophonie institutionnelle
L’affaire illustre une cacophonie au sommet de l’État. D’un côté, la Présidence avait donné son aval pour le retrait de SGS, invoquant des impératifs sécuritaires. De l’autre, le Premier ministère insiste sur la légalité contractuelle et la nécessité de respecter les procédures. Entre ces deux positions, les ministères sectoriels et les opérateurs économiques se retrouvent dans l’incertitude. Les enjeux sont pourtant majeurs : sécuriser les flux portuaires, garantir la transparence des opérations douanières et préserver la crédibilité du Cameroun auprès des investisseurs et partenaires internationaux.
Le projet de scanning à 100 % est perçu comme un levier stratégique pour la lutte contre la fraude et le renforcement des recettes publiques. Mais les divergences institutionnelles risquent de fragiliser sa mise en œuvre. À la sortie de la réunion, le ministre des Transports, Jean Ernest Massena Ngale Bibehe, s’est exprimé au micro de Laurentine Bekono, confirmant la décision du Premier ministre et appelant à une coordination renforcée pour éviter de nouvelles contradictions.
JRD

