(EcoFinances.Net) – Le projet de scanning à 100 % des marchandises au Port autonome de Douala (PAD) est au cœur des réformes sécuritaires et douanières engagées par l’État depuis 2025. Porté par la société Transatlantic D. SA, ce dispositif vise à renforcer le contrôle des flux, lutter contre la fraude et améliorer la traçabilité des opérations portuaires. Mais depuis plusieurs mois, sa mise en œuvre était entravée par des interférences techniques et opérationnelles attribuées à la société SGS, ancien prestataire en charge de certaines fonctions de contrôle. Des tensions croissantes ont été signalées, avec des risques de sabotage du nouveau dispositif, selon les autorités militaires et portuaires.
Une décision présidentielle sans équivoque
Dans une correspondance confidentielle adressée au ministre des Finances, le chef de l’État et chef des Armées a donné son aval pour le retrait immédiat et définitif de SGS du périmètre du PAD. L’objectif : « prévenir toute tentative de sabotage des travaux en cours par la société Transatlantic D. SA », selon les termes du document signé par le général de division aérienne Amougou Emmanuel. Cette décision fait suite à une requête officielle transmise le 13 janvier 2026, et marque une inflexion claire dans la gouvernance du projet. Elle consacre la primauté de la sécurité nationale et de la souveraineté opérationnelle sur les intérêts commerciaux conflictuels.
Enjeux de souveraineté et de transparence
Le projet de scanning à 100 % constitue un levier majeur pour la modernisation du système douanier camerounais. Il s’inscrit dans une logique de sécurisation des recettes, de fluidification des opérations et de lutte contre les trafics illicites. Le retrait de SGS, entreprise internationale longtemps présente dans les dispositifs de contrôle, traduit une volonté politique de reprendre le contrôle stratégique sur les infrastructures critiques.
Il ouvre aussi la voie à une reconfiguration des partenariats techniques, avec une exigence accrue de transparence, de performance et de souveraineté. Pour les opérateurs économiques, cette clarification institutionnelle est un signal fort : l’État entend garantir un cadre sécurisé, stable et orienté vers l’efficacité. Pour les autorités portuaires, elle permet de relancer sereinement les travaux et d’achever le déploiement du système de scanning sans entraves.
JRD

