(EcoFinances.Net) – Pour son opération d’injection de liquidités du 09 décembre dernier, la BEAC ( Banque des États de l’Afrique centrale ) avait mis en adjudication la somme de 650 milliards FCFA, mais les banques de la Cemac n’ont sollicité qu’un montant de 542 milliards, soit un taux de souscription de 83,38 %, selon les résultats dudit appel d’offre publiés hier.
Le document consulté par EcoFinances.Net renseigne que 13 établissements ont participé, déposant 26 offres ; et que le taux marginal d’adjudication s’est fixé à 4,50 %, identique au taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), tandis que le taux moyen pondéré des soumissions et des montants adjugés s’est établi à 4,83 %.
Ce contraste entre une offre abondante et une demande légèrement inférieure traduit une situation paradoxale : les banques sollicitent davantage de liquidités qu’en début d’année, mais restent prudentes dans leurs engagements. Comparée aux adjudications de janvier ou mars 2025, où la souscription oscillait autour de 75 %, l’opération de décembre révèle une intensification des besoins, sans pour autant absorber la totalité des montants proposés.
.Un signal de prudence monétaire
Au‑delà des chiffres, cette adjudication envoie un signal clair. Le TIMP (Taux d’Intérêt Moyen Pondéré du marché interbancaire, calculé sur 7 jours) s’est établi à 6,81 %, soit un spread de 2,31 % par rapport au TIAO. Ce décalage illustre la tension persistante sur le marché interbancaire, où les banques se refinancent à des conditions plus coûteuses que celles offertes par la BEAC.
Contrairement aux opérations du premier semestre, marquées par des taux moyens plus bas (autour de 4,60 %), l’adjudication de ce début du mois de décembre traduit un renchérissement du refinancement. La BEAC maintient une discipline stricte : elle injecte des liquidités pour soutenir le système bancaire, mais à un coût qui incite les établissements à une gestion prudente de leurs trésoreries.
Dans un environnement régional marqué par des besoins croissants de financement et une volatilité internationale, cette stratégie vise à stabiliser la Cemac sans relâcher la vigilance monétaire.
JRD

