(EcoFinanceq.Net) – Au Cameroun, les inondations meurtrières de Buea en 2023 et les vagues de chaleur inédites de 2024 dans le Nord-Ouest ont montré la vulnérabilité des populations et des infrastructures. Dans le Nord, les sécheresses récurrentes réduisent les rendements agricoles et accentuent l’insécurité alimentaire. En Afrique centrale, les crues du fleuve Congo perturbent régulièrement les activités économiques, tandis que la déforestation en RDC et au Gabon fragilise les écosystèmes et les filières dépendantes des ressources naturelles.À
À l’échelle du continent, les cyclones au Mozambique et à Madagascar détruisent chaque année routes et cultures, et la montée des eaux menace Lagos ou Abidjan. Ces événements ne sont plus des catastrophes isolées : ils affectent directement la production, les prix et donc la stabilité macroéconomique.
L’ABCA appelle à un changement de paradigme
Le Symposium de l’ABCA, organisé le 27 novembre 2025 sous le haut patronage du président Paul Biya, a mis en lumière l’urgence d’intégrer les risques climatiques dans les politiques monétaires. Les gouverneurs ont souligné que les banques centrales ne peuvent plus se limiter à la stabilité des prix : elles doivent anticiper les impacts environnementaux sur les bilans bancaires, les créances en souffrance et la liquidité.
Les discussions ont débouché sur des orientations visant à outiller les banques centrales africaines pour mieux appréhender les risques financiers liés au climat. Il s’agit de soutenir la transition vers des économies durables, en encourageant la finance verte, en adaptant les instruments macroprudentiels et en renforçant la résilience des systèmes de paiement.
Vers une intégration monétaire et financière durable
Le Conseil des Gouverneurs de l’ABCA, réuni le 28 novembre, a également examiné les progrès du Programme de Coopération Monétaire en Afrique (PCMA), les perspectives de création de l’Institut Monétaire Africain et l’intégration des systèmes de paiement. L’élection de Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, à la présidence de l’ABCA pour 2025-2026, illustre la place centrale du Cameroun dans ce processus.
Mais au-delà des ambitions d’intégration monétaire, l’ABCA a réaffirmé sa détermination à accélérer les initiatives en faveur d’un espace financier africain intégré et résilient. Le défi est double : construire une union monétaire crédible et adapter les politiques aux réalités climatiques. Les banques centrales africaines sont désormais appelées à devenir des acteurs de la transition écologique, garants d’une stabilité qui ne peut plus ignorer les bouleversements climatiques.
JRD

