(EcoFinances.Net) – Selon la BSTP-CMR, près de la moitié des PME ont répondu à au moins un appel d’offres en 2023 et 2024, avec un taux de participation qui progresse légèrement (81,2 % en 2023 contre 83,5 % en 2024). Toutefois, le taux de succès recule légèrement, passant de 69,2 % à 68,3 %. La sous-traitance de spécialité reste dominante, représentant plus de 50 % des contrats gagnés, suivie par la maintenance. Un constat majeur est la prédominance des réseaux informels comme principal canal d’information sur les appels d’offres, loin devant les plateformes spécialisées ou la BSTP elle-même. Cette situation traduit un déficit de structuration et de transparence, qui limite l’accès équitable des PME locales aux opportunités. .
Emploi et compétences : un défi de qualification.
La note révèle que l’emploi permanent reste relativement stable dans les PME sous-traitantes, mais demeure largement dominé par les hommes. Plus de 42 % des entreprises évoquent une inadéquation entre les compétences disponibles et leurs besoins, ce qui freine leur compétitivité. Les difficultés de recrutement de personnel qualifié persistent, accentuant le besoin de renforcer la formation technique et professionnelle. Malgré ces obstacles, la productivité du travail progresse (+10 % entre 2023 et 2024), avec un chiffre d’affaires moyen en hausse de 11,9 %. Les PME démontrent ainsi une capacité de résilience, mais leur potentiel reste bridé par l’insuffisance de main-d’œuvre spécialisée et les retards de paiement, évoqués par 77,5 % des entreprises.
Numérisation et partenariats : leviers encore sous-exploités
La BSTP-CMR souligne que l’économie numérique offre des opportunités considérables pour améliorer la compétitivité des PME. Pourtant, peu d’entre elles ont investi dans le numérique ou formé leurs employés à ces outils. Le taux d’utilisation des capacités de production reste limité (≈60 %), ce qui montre que l’innovation et la digitalisation pourraient jouer un rôle clé dans l’optimisation des performances. Les principaux clients des PME sont des entreprises privées (69,2 %), suivies des parapubliques (23,6 %) et des administrations publiques (7,1 %). L’accès à la commande publique demeure difficile, malgré l’existence de partenariats nationaux et étrangers. La note insiste sur la nécessité de renforcer la transparence et de promouvoir le contenu local dans la sous-traitance industrielle, afin de stimuler une croissance inclusive et durable.
Contexte et enjeux
La publication de cette note s’inscrit dans la mission de la BSTP-CMR : fournir aux acteurs économiques une information fiable pour orienter les politiques publiques et les stratégies d’entreprise. Dans un contexte marqué par la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30), la sous-traitance apparaît comme un levier essentiel pour l’industrialisation, la création d’emplois et la réduction des inégalités. En invitant les entreprises, les décideurs et les citoyens à consulter cette note, la BSTP-CMR rappelle que la sous-traitance n’est pas seulement un outil technique, mais un moteur de croissance nationale. Elle contribue à l’intégration des PME dans les chaînes de valeur, à la diffusion du savoir-faire local et à la consolidation d’une économie plus inclusive et durable.
JRD

