(EcoFinances.Net) – Le 4 novembre 2025 à Yaoundé, dans la salle de conférences du nouvel immeuble de la CNPS, le Port Autonome de Kribi (PAK), la Caisse nationale de prévoyance sociale, le consortium BESTWAY/AUSTSINO et l’entreprise G-STONES ont scellé une entente historique. Objectif : construire un terminal minéralier de dernière génération au Port de Kribi. Ce futur terminal, prévu sur 330 hectares, sera capable de traiter jusqu’à 125 millions de tonnes de minerais par an. Il intégrera des technologies portuaires avancées pour assurer non seulement l’exportation, mais aussi la transformation locale des minerais, un enjeu majeur pour la compétitivité industrielle du Cameroun.
Les signataires se donnent entre 4 et 6 mois pour finaliser la structuration technique, juridique et financière du projet. Cette alliance public-privé, qui réunit des acteurs institutionnels et des investisseurs sino-camerounais, incarne une volonté de réindustrialisation ciblée, en phase avec les orientations présidentielles sur la souveraineté économique et la valorisation des ressources nationales.
Un projet ambitieux dans un secteur miné par les défis
Ce projet intervient dans un contexte où le secteur minier camerounais reste sous-exploité, malgré un potentiel géologique reconnu. Faute d’infrastructures adaptées, de mécanismes de transformation locale et de coordination régionale, la plupart des minerais extraits sont exportés à l’état brut, privant le pays de valeur ajoutée et d’emplois industriels.
Le Port de Kribi, bien qu’ayant amorcé sa montée en puissance, fait face à des défis logistiques, douaniers et de gouvernance. Les retards dans la mise en service de certains terminaux spécialisés, les coûts d’escale, et les lenteurs administratives freinent son attractivité dans la sous-région CEMAC.
Dans ce contexte, le terminal minéralier annoncé représente une opportunité de rupture. Il pourrait devenir un hub régional pour le traitement et l’exportation des minerais, en lien avec les gisements du Sud, de l’Est et du Centre du Cameroun, mais aussi ceux du Congo, du Gabon et de la RCA.
À condition que les obstacles structurels soient levés : fiscalité adaptée, fluidité logistique, sécurité juridique et interopérabilité régionale. Ce projet illustre une dynamique nouvelle : celle d’un secteur privé mobilisé, d’un État stratège, et d’un port qui veut devenir plus qu’un point de passage — un levier de transformation économique.
JRD

