(EcoFinances.Net) – Adoptée le 15 juillet 2025, la loi relative à la sous-traitance introduit une vision élargie du rôle de ce mécanisme dans l’économie nationale. Loin de se limiter à la régulation des rapports entre donneurs d’ordre et prestataires, elle inscrit la sous-traitance dans une logique de coopération régionale, d’ouverture économique et de diplomatie industrielle.
Deux articles clés illustrent cette ambition. Il s’agit de l’article 21 qui prévoit des facilités administratives et fiscales pour les entreprises sous-traitantes étrangères intervenant dans des projets stratégiques, sous réserve de réciprocité et de conformité aux normes locales. Et de l’article 24, qui encourage la coopération inter-entreprises entre États membres de la CEMAC, en vue de renforcer les chaînes de valeur régionales et de promouvoir l’intégration productive.
L’aboutissement de cette réforme est le fruit d’un travail acharné de la Bourse de sous-traitance et de partenariat du Cameroun (BSTP-CMR), en étroite collaboration avec le ministère des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat (Minpmeesa). Ensemble, ils ont porté la voix des PME, structuré les propositions techniques et défendu une vision inclusive de la sous-traitance comme levier de souveraineté économique.
Diplomatie économique et attractivité régionale en action
Dans un contexte marqué par la compétition pour les investissements directs étrangers, la montée des exigences ESG (environnement, social, gouvernance) et la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement, la sous-traitance devient un instrument diplomatique souple et stratégique. Elle permet au Cameroun de valoriser son expertise locale, de tisser des alliances industrielles transfrontalières et de renforcer sa présence dans les négociations économiques régionales……..
L’enjeu est donc double. A savoir, sécuriser les flux d’investissement en offrant un cadre juridique stable, incitatif et conforme aux standards internationaux ; et promouvoir l’excellence camerounaise dans des secteurs clés comme le BTP, l’énergie, le numérique ou l’agro-industrie, en s’appuyant sur des PME compétentes et des partenariats ciblés. La loi du 15 juillet 2025 transforme ainsi la sous-traitance en vecteur de souveraineté économique partagée, capable de renforcer l’attractivité du Cameroun tout en consolidant son rôle dans l’intégration régionale.
JRD

