(EcoFinances.Net) – Le communiqué publié par la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) le 29 octobre 2025 sur les résultats de l’Opération de Placement des Instances de Liquidité (OPIL) n°43 est sans équivoque : 16 banques ont participé à l’adjudication, exprimant 42 offres pour un total de 810 milliards FCFA, soit un taux de souscription de 101,25 %. Pourtant, le montant servi est resté strictement limité à 800 milliards FCFA, conformément à l’enveloppe initiale.Ce phénomène n’est pas isolé.
Depuis le début de l’année, les établissements bancaires de la zone Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) multiplient les offres excédentaires lors des appels d’offres hebdomadaires. Cette dynamique traduit une tension persistante sur la liquidité, accentuée par la baisse des réserves de change et la fin progressive des décaissements liés aux programmes du Fonds monétaire international (FMI).
Les taux proposés par les banques lors de cette opération varient entre 4,67 % et 5,20 %, avec un taux moyen pondéré des montants adjugés de 4,94 %. Ce niveau reflète une pression croissante sur les conditions de refinancement, dans un environnement marqué par la montée des créances douteuses et une demande de crédit toujours soutenue.
Un contexte monétaire sous surveillance
La BEAC maintient pour l’instant ses principaux taux directeurs inchangés : le TIAO (Taux d’Intérêt des Appels d’Offres) à 4,50 % ; leTFPM (Taux de la Facilité de Prêt Marginal) à 6 % ; et le TFD (Taux de la Facilité de Dépôt) à 0,00 %. Mais le TIMP (Taux Interbancaire Moyen Pondéré) de référence à 7 jours s’établit à 6,00 %, soit un spread TIMP–TIAO de 1,50 %. Cet écart révèle une nervosité croissante sur le marché monétaire. Les banques, confrontées à des arbitrages complexes entre rentabilité, solvabilité et prudence, cherchent à sécuriser leurs marges de manœuvre.
Dans ce contexte, la sursouscription aux OPIL devient un baromètre de la confiance et des anticipations bancaires. Elle reflète à la fois la prudence des établissements face aux incertitudes macroéconomiques et leur dépendance accrue aux mécanismes de refinancement centralisé. La BEAC, en tant que régulateur monétaire, devra bientôt arbitrer entre la stabilité des prix, la fluidité du crédit et la résilience du système bancaire régional.
JRD

