mardi, 28 avril 2026
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Moyens de paiement en zone CEMAC : le chèque résiste avec plus de 5,5 millions de paiements en 2023, dont 102 % de hausse au Cameroun

Malgré la montée en puissance du mobile money et des virements électroniques, le chèque bancaire conserve une place stratégique dans les transactions en zone CEMAC. En 2023, plus de 5,5 millions de paiements ont été effectués par chèque, dont une hausse spectaculaire de 102 % au Cameroun. Le récent rapport de la BEAC révèle une résilience inattendue de cet instrument, porté par les usages professionnels et institutionnels.

(EcoFinances.Net) – Le chèque, souvent perçu comme un moyen de paiement en déclin, a connu une véritable résurgence en 2023 dans la zone CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad & RCA) . Selon un très récent rapport de la BEAC (Banque des États de l’Afrique) , 5,5 millions de paiements par chèque ont été enregistrés, soit une progression significative par rapport à 2022. Le Cameroun se distingue avec 2,5 millions de paiements, contre 1,2 million l’année précédente — soit une hausse de 102,95 % en nombre et 44,58 % en valeur.

Cette dynamique s’explique par le regain d’activité des entreprises, la reprise post-Covid, et la préférence persistante de certains opérateurs pour les instruments scripturaux dans les transactions B2B, les règlements interentreprises ou les paiements institutionnels.

Un usage concentré, des enjeux de modernisation

Le chèque reste un instrument privilégié dans les pays à forte densité bancaire comme le Cameroun, le Congo et le Gabon. En 2023, la CEMAC comptait 4,88 millions de comptes chèques, dont 2,2 millions au Cameroun. Toutefois, seuls 473 000 chéquiers ont été effectivement utilisés, ce qui révèle une concentration des usages dans les milieux professionnels et une faible pénétration auprès du grand public.

Cette situation pose un double enjeu : moderniser les usages tout en sécurisant les transactions. La BEAC, dans sa stratégie de descashing, encourage la migration vers les paiements électroniques, mais reconnaît que le chèque reste un outil de traçabilité et de confiance dans certains secteurs.

Vers une coexistence avec les paiements numériques

Le rapport souligne également que les virements électroniques représentent 96,25 % des transactions en nombre, mais que le chèque conserve 13 % en valeur, soit plus de 21 000 milliards FCFA. Cette coexistence révèle une segmentation des usages : les paiements rapides et de masse par mobile money, les paiements formels et contractuels par chèque.

Dans ce contexte, les banques doivent adapter leurs infrastructures, sécuriser les circuits de compensation et accompagner les entreprises dans la transition numérique. Le chèque n’est pas mort — il se transforme. Et dans une zone où la confiance et la traçabilité restent des valeurs fortes, il pourrait encore jouer un rôle stratégique dans l’écosystème des paiements.

JRD

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