(EcoFinances.Net) – L’opération d’injection de liquidités initiée ce 14 octobre 2025 par la BEAC ( Banque des États de l’Afrique centrale) a mobilisé 15 banques, avec 38 offres totalisant 786 milliards FCFA, d’après le communiqué de cet appel d’offre publié ce 15 octobre. Pourtant, la BEAC n’a servi que le montant initialement prévu : 750 milliards FCFA, soit 50 milliards de plus que l’opération précédente. Le TIAO (Taux d’Intérêt des Appels d’Offres) reste fixé à 4,50 %, tandis que le taux marginal retenu pour l’adjudication est de 4,60 %, et le taux moyen pondéré des montants adjugés atteint 4,96 %. Ces chiffres traduisent une tension croissante sur le coût de refinancement.
Pourquoi la BEAC ne cède pas à la surenchère
Malgré une souscription de 104,8 %, la BEAC a maintenu son plafond. Cette prudence vise à éviter une surliquidité, qui pourrait alimenter l’inflation ou perturber l’équilibre monétaire. Le TFPM (Taux de la Facilité de Prêt Marginal) est resté à 6,00 %, et le TFD (Taux de la Facilité de Dépôt) à 0,00 %, confirmant une politique de ciblage strict. Le TIMP (Taux Interbancaire Moyen Pondéré à 7 jours) s’établit à 7,18 %, soit un spread de 2,68 % par rapport au TIAO. Selon les experts , le spread désigne l’écart entre deux taux : ici, il mesure la différence entre le coût moyen du refinancement interbancaire et le taux proposé par la BEAC. Un spread élevé indique que les banques se refinancent à des coûts supérieurs sur le marché.
Une dynamique plus offensive qu’en 2024
Depuis le début de l’année 2025, la BEAC a injecté plus de 6300 milliards de FCFA dans le secteur bancaire sous-régional, contre 5 200 milliards de FCFA sur la même période en 2024. Cette hausse de 21 % reflète une stratégie plus offensive pour soutenir la reprise économique et accompagner les États dans leurs besoins de financement. Toutefois, chaque opération reste calibrée pour maintenir l’équilibre entre soutien à la liquidité et maîtrise des risques systémiques.
JRD

